La vérité sur le Yamaha Tmax

La vérité sur le Yamaha Tmax

Au sommet de cette page trône fièrement le logo de Moto Journal : un haut lieu de la moto, en somme, où, a priori, il n’y a pas de place pour les scooters. Et encore moins pour ce satané Yamaha Tmax. Sauf que… 
La vérité vraie sur le Yamaha Tmax
Après l’avoir regardé de haut pendant des années, je me suis penché sous sa jupe pendant une journée, afin de lui donner une petite chance de me convaincre qu’il n’est pas qu’une simple et vulgaire baignoire sur deux-roues. Voire un bidet. Parce que le Yamaha Tmax n’en demeure pas moins un des 2-roues le plus volé en France (bien fait !), mais aussi un des plus vendus (mon Dieu…) ! Alors, je me devais de le mettre à l’épreuve, par pur professionnalisme. Mais aussi parce que, ce jour-là, j’avais une dalle incommensurable et que des milliers de coups pédales me séparaient de sa victuaille, et qu’au moment de partir me sustenter, je me suis lâchement laissé tenter par sa selle longue, large et moelleuse… J’aurais mieux fait de me laisser dépérir.
Qu’on aime ou qu’on aime pas, le Tmax a une gueule.
CHOQUÉ
Dans ma jeune existence, j’ai eu la chance inouïe de tutoyer de somptueuses mécaniques. J’ai embrassé sur circuit la surpuissante Kawasaki H2R, posé le coude avec la redoutable Suter MMX 500, livré des pizzas en KTM 790 Duke, et même défié une tortue en S1000RR… Bref, moult fois occasions d’être abasourdi, surpris, ébahi, ahuri… Mais jamais je n’avais été aussi décontenancé que le jour où j’ai pris pour la première fois le guidon d’un Tmax. Ne criez pas à l’ineptie tout de suite, on ne dit pas là que c’est une machine à sensations, mais une machine qui fait son job. Et étonnamment bien. Mieux équipé que certaines motos, bien fini, léger, instinctif (ma pauvre âme), confortable, ultra-maniable, facile, pratique, il est le seigneur des centres-villes. Et le pire, c’est qu’il n’est pas seulement le roi du feu rouge.
Le feu rouge : espace d’expression privilégié pour cet engin.
 
Yamaha Tmax : accélère-t-il mieux qu’une moto ?
J’ai souhaité commencer cet test par une humiliation. Aussi, le premier exercice auquel je l’ai soumis a été un départ-arrêté sur 50 mètres face à une Honda CB 500 (2018). Une moto de cylindrée et de puissance équivalente (45 ch), utilitaire donc, et d’usage à peu près similaire.
Ne me regarde pas comme ça, tu ne m’auras pas de la sorte.
Premier round : ÉGALITÉ ! Hélas oui, grâce à sa distribution finale par variateur, en lieu et place de nos chers mais exigeantes boîtes de vitesses, le Tmax accélère vite. Pas fort, mais vite. Deuxième round : ÉGALITÉ. Fichtre ! On s’obstine et on échange les pilotes, je prends le guidon de la Honda. Troisième round : ÉGALITÉ. Quoi ?! C’est pas possible ! OK, je prépare scrupuleusement le prochain affrontement : moteur du CB au rupteur, embrayage à l’agonie sur le point de patinage (pardon, M. Honda), buste penché sur l’avant pour contrer le cabrage et bras écartés prêts à en découdre avec le cadre en mocassins que j’imagine caché sous le casque de mon collègue posé au guidon du Yamaha Tmax 530. Quatrième round : MOTO DEVANT. Ouf ! C’était moins une. Mais, malheureusement, le constat sera le même pour la vitesse de pointe : la moto gagne de peu. Avec une vitesse max de 160 km/h compteur pour le maxi-scooter, contre 170 voire 180 km/h pour la Honda.
 
Yamaha Tmax : tient-il la route comme une moto ?
OK. C’est bien. Bravo. T’accélères – presque – comme une moto… Maudit sois-tu, scooter ! Mais hors de ta zone de confort urbaine, qu’est-ce que tu vaux ? Parce que tu n’as ni embrayage ni boîte de vitesses pour faire wheelings et autres facéties…
Tmax : un nom aussi célèbre que détesté dans l’univers motard.
Eh bien, en réalité, il est certes beaucoup moins fun qu’une moto, mais il fait tout à fait le job. Malgré son angle de colonne proche de celui d’une trottinette et son centre de gravité placé très très bas – qui lui confèrent cette agilité à toute épreuve – le Tmax s’avère malgré tout stable en courbe ! Il doit cela à son long empattement et à son châssis réussi, équilibré, neutre, sain et au feeling étonnant pour un scooter. On parvient même à ressentir la limite de son train avant, quand il vient à croiser et que le pneu décroche comme sur une moto. En revanche, et à la différence d’une VRAIE moto, on a davantage tendance à le conduire au bassin, plutôt qu’au guidon et au contre-braquage. Les accélérations ne sont pas ébouriffantes, mais franches. Et le pire, c’est qu’il freine bien…! J’en reviens pas, je viens de faire l’essai d’un scooter. Mais, si on regarde sous sa carcasse on s’aperçoit vite qu’il est bien plus qu’une de ces immondes créatures hybrides.
 
Le meilleur des scooters, la pire des motos
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Thursday January 01, 1970

Quand j’ai prévenu mes potes de la rédaction que j’allais publier un papier sur le Yamaha Tmax, les réactions ont été immédiates: “Un essai de Tmax dans MJ, t’es sérieux ?“, “Tu vas nous foutre la honte !“. Mais force est de constater qu’une fois que l’intégralité des membres l’ont essayé, nous avons été unanimes à son sujet, c’est un bon engin. En ville, il fait carrément mieux qu’une moto, hors de la ville, il se débrouille étonnamment bien. Mais il y a un dernier mystère auquel on ne peut répondre, le Yamaha Tmax s’adresse uniquement aux détenteurs du permis moto, ALORS POURQUOI ILS ACHÈTENT UN SCOOTER ?
La rédaction de Moto Journal adresse ses plus sincères excuses à ses très chers lecteurs.
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Thursday January 01, 1970